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21/09/2010

Enquête : Paris, des abeilles pour quoi faire ?

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A quoi servent les abeilles ? A faire du miel répondront certains. Mais pas seulement. A l'heure de la prise de conscience du péril écologique, qui semble menacer la planète toute entière, l'abeille symbolise l'espoir. Nous commençons à nous apercevoir, année de la biodiversité oblige, que notre destin serait lié à celui d'un hyménoptère. « Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre ». Cette citation, attribuée à Albert Einstein, refait surface. Alarmiste dans la forme, son contenu correspond cependant, à une part de la réalité.

Quatre-vingts pour cent des plantes sont pollinisées par les insectes. Les abeilles, même si elles ne sont pas les seules à jouer ce rôle, y prennent une part importante. Constat inquiétant, partout dans le monde les abeilles disparaissent. A qui la faute ? L'utilisation des pesticides à outrance, la généralisation de la monoculture, l'appauvrissement de la biodiversité leur ont porté des coups terribles.

Ironie du sort, dans les grandes métropoles comme Paris, l'abeille vit bien. Loin de ses ennemis chimiques et environnementaux, elle  renaît. Les ruches regorgent de miel. La production atteint des sommets alors que Paris manque d'espaces verts. Cerise sur le gâteau, l'insecte industrieux est à la mode. Outil de communication politique. Créatrice de richesses à travers le commerce du  miel intra muros. Garante de la biodiversité et sentinelle de l'environnement. L'abeille est mise à toutes les sauces. Bonne ou mauvaise chose ?

Les abeilles étaient là avant nous. Nous survivront-elles ? Porte-parole de la nature elles nous délivrent un message. Serons-nous capables de l'entendre derrière le bourdonnement assourdissant de la modernité ?

Vincent Lacour

14:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : abeilles, paris

04/07/2010

L'abeille communicante

Des ruches sur le toit de la Mairie du IVe

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Mairie du IVe

« On va l'appeler n° IV » annonce Dominique Bertinotti, maire du IVe arrondissement. La première récolte de miel des cinq ruches disposées depuis la mi-juin sur les toits de la mairie fait l'unanimité. La douce folie du miel et des abeilles vient de faire une nouvelle victime. Après les apiculteurs intra-muros de longue date, et les particuliers, c'est au tour de la municipalité de surfer sur la vague des abeilles et de la biodiversité. Les ruches de la Mairie du IVe viennent s'ajouter à celles du Grand Palais et du Crédit Municipal.


Opération de communication ou réelle promotion d'une activité naturelle accessible aux citadins ? « Profiter de l'engouement qui existe autour des abeilles et de leur image positive, certes mais pas seulement », déclare-t-on au cabinet de Fabienne Giboudeaux, adjointe aux Espaces verts de la mairie de Paris. « La municipalité est surtout là pour faciliter et encadrer les installations. Pour faire participer les citoyens aussi. Nous travaillons par exemple avec un conseil de quartier dans le XVIIIe. Le projet c'est l'installation de ruches dans un espace vert. C'est aussi la formation de deux personnes aux techniques apicoles. »


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Marc Perret


Une dynamique qui représente une aubaine pour Marc Perret apiculteur amateur. « Je voulais poser mes ruches à Paris. Je me suis d'abord adressé aux monastères sans succès. Puis un ami apiculteur dans le XXe m'a signalé que la Mairie cherchait à installer des ruches. » La prise de contact se fait en début d'année. Installation des cinq pied-à-terre parisiens pour les ouvrières butineuses en présence des membres du conseil des enfants. La production démarre sur les chapeaux de roue. « La diversité florale de la capitale et la quasi absence de pesticides fait des merveilles. En un mois, j'ai déjà récolté 90 kg de miel. » Le résultat dépasse toutes les espérances. Dorénavant, tous les jeunes mariés recevront des mains de la maire un petit pot de « Numéro quatre de chez l'abeille ».


Une attention qui fait sourire Marc Perret « l'engouement, la communication, c'est positif. Il ne faut pas bouder son plaisir. Ce qui se passe autour du miel aujourd'hui va dans le bon sens. Le seul danger serait de vouloir se lancer sans formation. » En goûtant le miel du Marais, blond comme les blés, doux comme un bonbon, la tentation est grande d'éluder le conseil.


V. L.

La folie de l'or blond


Fauchon.jpg« Un produit phare qui part très bien. » Le miel des toits de l’Opéra Garnier a de quoi satisfaire Benoît Cosquer, responsable du magasin Fauchon de la Madeleine. Les touristes s’arrachent les pots d’un des miels les plus célèbres du monde. Un des plus chers aussi. L’enseigne de luxe le vend en exclusivité avec la Galerie de l’Opéra. Quinze euros pour un pot de 125 g (120 € le kg). « C’est un produit rare, donc cher. Il est soumis aux aléas de la météo. Le mois de juin a été pourri, la production faible, le prix tient compte de ces inpondérables », précise le responsable.


Un produit noble dont le prix ne rebute pas les touristes japonais, « principaux acheteurs ». Le côté « terroir français » d’un miel pourtant récolté en plein Paris les enchante. Les français ne sont pas en reste. « Les nombreuses émissions télé ont bâti une forte notoriété autour de ce produit. Nos clients de province en sont très demandeurs. » Très floral, pas trop sucré, le miel de l’Opéra a de quoi séduire. Mais il n’est pas le seul à Paris. D’autres miels de très bonne qualité existent. Celui du XIIIe arrondissement est excellent. Son prix plus raisonnable. La concurrence dans le domaine du goût semble possible. Face à la part du rêve, le défi risque d’être dur à relever.


V. L.

 


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